Séance du 11 juillet 2007
Ce conseil d’Administration se tient au cœur du Grenelle de
l’Environnement voulu par le nouveau Gouvernement et
le Président de la République. Mme Annie Lhéritier,
Présidente du Conseil d’Administration, rappelle que
la forêt est plus que jamais au centre des préoccupations
environnementales.
L’ONF a vocation à devenir un exemple opérationnel, à grande
échelle, de la politique gouvernementale, en matière
de bois énergie et séquestration de carbone.
Le Directeur Général voit, pour l’Office, un rôle de premier
plan à tenir dans la valorisation de la croissance écologique.
Par ailleurs, le Directeur Général précise que, dans le cadre
du Grenelle de l’Environnement, le Ministre de l’Environnement
et du développement durable, a demandé à l’ONF de siéger,
dans le groupe 1, qui traitera du climat.
Communication sur les ventes de bois
Les ventes de bois
Le marché est globalement porteur, dopé par la construction
dans l’Union européenne. Une légère stagnation a été
constatée tant en France qu’en Allemagne, ces dernières
semaines, pour des raisons différentes (:
-
En
France, l’annonce de mesures fiscales prochaines pour
les ménages, dans le cadre de l’acquisition du logement,
-
En
Allemagne, la mise en place de la TVA sociale,
Ont contribué à une pause dans les mises en chantier de constructions
neuves, sans que l’on puisse parler de ralentissement.
Le développement des énergies renouvelables et la croissance
économique dans la zone Euro, sont également des éléments
bénéfiques pour le marché du bois.
Cette bonne orientation pourrait connaître cependant quelques
perturbations conjoncturelles liées :
-
A
la tempête Kyrill qui a mis à terre 50 Millions de m3
de bois en Allemagne, Autriche et Pologne,
-
Une
baisse de la demande en bois de chauffage (hiver doux)
-
Une
baisse marquée du marché de l’immobilier neuf aux USA ,
avec une baisse des exportations vers les USA de 50
à 80 % pour certains fournisseurs de bois européens.
- Une taxation des grumes à l’export
en Russie, qui pourrait à terme, jouer sur l’équilibre
du marché des résineux en Europe.
Stratégie des ventes 2007
-
Volumes
mis en vente stables 15 Mm3 (FD+FC = 6.7+8.3)
-
Plus
de bois frais et une hausse qualitative des produits
proposés
-
Les
prix de vente sont consolidés, on dépasse maintenant
les cours de 1999, sauf pour le hêtre.
Contrats d’approvisionnement
-
L’ONF
poursuit le programme de mise en place de contrats d’approvisionnement,
qui atteignent, en résineux 13 % pour la FD et 7% pour
la FC, des volumes mis en vente.
-
En
feuillus, la politique de contrats d’appro reste plus
prudente.
-
Pilotage
resserré des contrats, avec examen par la commission
nationale pour tous les contrats dépassant 3000 m3.
Communication sur
le Bois Energie
Le
bois énergie est aujourd’hui la 1ère énergie
renouvelable en France, elle représente 16 MT ep (millions
de tonnes équivalent pétrole), loin devant les bio-carburants,
par exemple.
L’utilisation
de la bio-masse forestière représente la meilleure piste
(et la plus rapide) pour atteindre les objectifs environnementaux
du Gouvernement. D’autre part, l’optimisation du rendement
de la bio-masse est également à rechercher.
Par
exemple, l’utilisation de bois en insert ouvert, assure
un rendement d’à peine 65 %. L’utilisation de granulés
de bois (pellets), dans un fourneau fermé, moderne,
assure un rendement de 85 à 90%.
La
filiale ONF Energie a atteint, 1 an après sa création,
son 1er objectif, avec la production de 45000
tonnes au 1.07.2007.
Les
perspectives de développement sont variées :
-
projet
1000 chaufferies bois en milieu rural (initié par les
COFOR)
-
les
réseaux de chaleur urbains
-
la
fabrication de pellets (séchage de sciures vertes)
-
l’approvisionnement
d’industries agroalimentaires, pour leurs opérations
de déshydrations
-
appel
d’offres Ministère de l’Industrie (CRE2)
Le
développement des bio-carburants de 2ème
génération
Des études sont actuellement menées en vue de la production
de bio carburants dits de 2ème génération,
à partir de cellulose ou de bois.
Une 1ère usine, spécialisée dans la fabrication
de ces carburants d’un nouveau type, est prévue prochainement
dans l’Est de la France.
L’ONF
souhaite se positionner dans l’approvisionnement de
cette filière.
Les
COFOR rappellent, pour leur part, que le problème des
communes forestières, face à toutes ces perspectives
nouvelles est de pouvoir mobiliser rapidement les volumes
de bois nécessaires. Elles gardent de plus à l’esprit,
que cette mobilisation doit se faire, dans un contexte
local, par une vraie politique de développement local,
au profit des entreprises locales.
Pour
le DG ONF, il faut également réinventer d’autres formes
de mobilisation des bois, notamment dans des territoires,
où, pour des raisons de faibles cours des bois, les
parcelles n’étaient plus exploitées, ces dernières années.
On
évalue à 35 Millions de m3, les ressources actuellement
non exploitées. Pour le DG, il ne faut pas se poser
trop de questions et « y aller » pour répondre
à la demande du marché.
Le
représentant du Ministère de l’Agriculture, évoque les
nouvelles aides prochaines, en matière de cofinancement
de desserte forestière, de reboisement, et de stratégies
de développement local.
Marché de gestion des rentes temporaires
de cessation d’activité des ouvriers
La
résolution présentée vise à mettre en place un marché
public d’assurance relatif au financement et au service
d’une rente temporaire de cessation progressive d’activité
pour les ouvriers forestiers.
Cette
mesure est inscrite dans le volet social du Contrat
Etat Office et a fait l’objet d’un accord avec les organisations
syndicales des ouvriers forestiers en février 2007.
Basée
sur le volontariat, elle substitue aux ouvriers forestiers
qui en font la demande, leur salaire par une rente moyenne
brute d’environ 1000 €, pendant 5 ans au plus.
En
contrepartie, les salariés voient leur contrat de travail
rompu et ils s’engagent, par écrit, à ne pas reprendre
une activité professionnelle rémunérée. Ils ne sont
plus inscrits dans les effectifs de l’ONF.
Cette
résolution est adoptée à l’unanimité.
Communication sur le marché de l’habillement
La
DRH informe le Conseil d’Administration que le Directeur
Général a décidé de reprendre l’ensemble de la consultation
sur le Marché de l’Habillement, présenté lors de la
séance du mois d’avril 2007.
Le
fournisseur historique de l’habillement ONF, a, en effet,
saisi la Justice, en ce qui concerne la non-attribution
d’un lot du marché. Le Directeur Général, considère
cette démarche, comme une forme de chantage de la part
de ce fournisseur, « pour maintenir son monopole ».
Un
prochain marché d’habillement sera soumis au Conseil
lors de sa séance de novembre 2007.
Marché relatif à la fourniture de services financiers
Il
s’agit de la suite du point du conseil précédent, autorisant
l’Office à recourir à l’emprunt pour financer ses besoins
en trésorerie.
Ces
besoins sont liés notamment, à la part d’autofinancement
imposée, dans les investissements forestiers en Forêt
Domaniale (et par l’autofinancement croissant des MIG).
L’articulation
financière de ce recours à l’emprunt se divise en 2
lots, 1 lot pour un découvert bancaire de 60M€ et 1
lot pour un emprunt à court terme de 40 M€.
Les
frais financiers de ces « emprunts » s’élèveront,
pour la période 2007-2011 à prés de 7 M€.
Les
besoins en trésorerie, sont estimés, en moyenne annuelle,
pour 2007 à 46M€.
Le
SNPA a fait remarquer qu’il ne comprenait pas que cette
démarche ne soit pas complète puisque les besoins en
trésorerie, sont évalués, dés 2009 à un montant supérieur
au montant sollicité ce jour : on devrait atteindre
150 M€ en 2011.
Le
Directeur Général répond, qu’en accord avec les Tutelles,
il a été décidé d’avancer avec prudence, dans le domaine
de l’emprunt, et d’envisager plutôt un recours complémentaire,
en fonction des besoins, à partir de 2009.
Le
SNPA n’est pas du tout convaincu par cette réponse,
un peu « langue de bois » et craint, au contraire,
que cette affaire d’emprunt, soit un nouveau prétexte
à une recherche toujours plus pressante de valeur ajoutée.
Le fait de ne pas couvrir, immédiatement, le besoin
maximum en trésorerie (malgré la volonté affichée de
lisibilité financière sur la durée du contrat) laisse
à penser que l’Office, pourrait, ou prend le risque,
de ne pas être autorisé à y recourir ensuite, et qu’on
lui demande plutôt de faire des économies !
Les
candidats retenus, pour ce marché, sont le Crédit Agricole
d’Ile de France, BNP Paribas et Déxia (banquier des
communes). Ces organismes sont déjà les banquiers habituels
de l’Office.
La
résolution est adoptée. 6 VOIX CONTRE, celles des représentants
des OS votent contre, sauf la CGC.
Résolution concernant l’organisation
générale de l’Etablissement et les conditions de nomination
et d’avancement dans les emplois de direction de l’ONF
La
résolution reprend les termes de l’instruction du 12
février 2007 sur l’organisation générale de l’ONF.
Une
liste des emplois de direction du groupe II est jointe,
et propose la création de 6 nouveaux emplois de direction,
dont 4 non déterminés pour l’instant.
A
l’occasion de cette présentation, le Directeur Général
rappelle la mise en place d’une organisation uniforme
de toutes les DT et de toutes les Agences, avec chaque
DT, une organisation croisée entre des responsables
hiérarchiques (les DA) et des responsables fonctionnels
(les Directeurs Bois, Travaux, Développement et Forêt).
Il
entérine également la fusion des 4 agences des Vosges
en 2 nouvelles agences et la fusion de l’Agence de Dijon
et Mâcon en 1 agence interdépartementale.
Il
présente ensuite, une vision prospective de l’évolution
des métiers et de l’émergence de nouveaux métiers, notamment
dans le domaine commercial.
Très
prochainement, chaque entreprise cliente de l’ONF aura
un interlocuteur responsable commercial attitré. Cette
nouvelle organisation se fera, sans augmentation d’effectifs,
par redéploiement interne.
Le
DG, se voulant rassurant auprès des COFOR, dit que les
effectifs de terrain ne diminueront pas, mais que les
économies seront recherchées dans la gestion intermédiaire
… Les Gestionnaires Administratifs peuvent se sentir
visés : ils le sont…
Cependant,
le DG, toujours rassurant, affirme devant le Conseil,
qu’une démarche est en route, pour moderniser la gestion
administrative et redéployer les personnels administratifs
vers de nouveaux métiers, avec des formations à l’appui.
Le
SNPA relève immédiatement ce propos, et fait savoir
au Conseil, qu’effectivement les Gestionnaires Administratifs
sont inquiets pour leur avenir, immédiat et à moyen
terme, à l’ONF, avec le développement des applications
informatiques de terrain, les évolutions structurelles
et la volonté affichée par le DG, de réduire, (c’est
un nouveau terme), le coût de la gestion intermédiaire.
Le
SNPA saurait rappeler ses paroles au DG, s’il en était
besoin un jour, mais au-delà des craintes de « langue
de bois institutionnelle », il faut cependant remarquer,
que c’est la première fois que le DG s’engage aussi
fortement pour une évolution des métiers des Gestionnaires
Administratifs, par une déclaration politique en Conseil
d’Administration.
La
résolution est adoptée. Les organisations syndicales
votent contre ou s’abstiennent (c’est le cas du SNPA).
Cette
séance est clôturée par la projection d’un film sur
la construction des nouveaux locaux de la DT Bourgogne
– Champagne-Ardenne, totalement réalisés en bois, avec
une norme HQE, comme le Conseil d’Administration en
avait émis le souhait.
La séance est clôturée à 17h45.
Le prochain CA devrait se tenir mi-novembre
2007.