DECLARATION
CGT – FO – SNAF – SNUPFEN CTPT 23 juin 2006
Avant
de nous exprimer par rapport au contrat Etat-ONF 2007-2011
nous voulons revenir, un instant, sur le contrat en cours.
Un constat s’impose, les objectifs de la direction sont
globalement atteints et en 2006 nous nous approchons du
Saint-Graal : l’équilibre financier.
Pour la direction c’est un sujet de satisfaction, malgré
les critiques des organisations syndicales et les fortes
réticences des personnels, le contrat est rempli. Evidemment
nous ne partageons pas cet optimisme béat car si, sur
un plan comptable, les objectifs sont effectivement atteints,
sur les plans humain, sylvicole, éthique ou écologique
le constat est tout autre et les conséquences sont
lourdes :
Suppressions de postes, généralisation des postes vacants
(depuis deux ans environ 10 postes sur la DT), augmentation
des charges de travail, pressions pour atteindre les objectifs,
démotivation progressive des personnels, augmentation
des récoltes et baisse des travaux en forêts domaniales,
complexification et augmentation des procédures, perte
de crédibilité envers les communes …
La direction avait prévenu les personnels que la période 2001-2006 allait être
difficile, qu’il faudrait faire des efforts pour atteindre
l’équilibre financier mais qu’en 2006 si le contrat était
rempli ces efforts seraient récompensés. Nous n’étions
pas dupe et nous avons eu raison de ne pas croire, une
fois de plus, aux fausses promesses de la direction.
Ainsi dès l’automne les annonces de la DG concernant le futur contrat ont suscité
de nombreuses inquiétudes, ce qui nous avait amené à boycotter
le dernier CTPT, mais le contrat présenté par le DG dépasse
malheureusement toutes nos craintes.
Les
moyens financiers : Le versement compensateur assuré en € courants et le financement par
l’ONF d’une partie des MIG en € constants représenteront
une perte d’environ 20M d’€ par an soit l’équivalent de
300 emplois.
Les
moyens humains : Dès 2007 l’ONF veillera à ce que chacune de ses activités dégage un résultat
net positif et visera à dégager une hausse de la valeur
ajoutée de 10%/an. En face de ces objectifs ambitieux
les moyens humains subissent une évolution proportionnellement
inverse. Selon les résultats de l’établissement et le
dégagement de valeur ajoutée supplémentaire (au-delà des
10%) les réductions d’effectifs évolueront autour de –
1.5% par an ce qui correspond bien à un objectif des tutelles
de réduction du nombre de fonctionnaires.
Ces nouvelles contraintes sur l’emploi relèvent de la
provocation. Demander toujours plus aux personnels en
étant de moins en moins semble être le leitmotiv de nos
dirigeants. Alors que nous sommes déjà en 2006 en dessous
du chiffre fatidique, nous savons qu’il n’est plus possible
d’assurer correctement nos missions. Faut-il que la Direction
ignore à ce point la réalité de ses personnels pour faire
de telles propositions ?
La conséquence de la réduction des effectifs entraînera
la disparition du service public forestier tel que nous
le connaissons et tel que nous le voulons. Les tutelles
signent ainsi l’arrêt de mort du service public et la
Direction en sera le fossoyeur. Pour eux, l’ONF, à l’instar
d’autres entreprises publiques en cour de démantèlement,
doit devenir une entreprise de service, rentable, qui
assure des missions de service public grâce aux revenus
de la forêt que l’Etat lui laisse, mais pour combien de
temps encore ?
La
gestion forestière : En forêt domaniale
augmentation des récoltes et réalisation des travaux en
fonction des finances, en forêt communale optimisation
des récoltes et travaux devant dégager une marge nette
positive. Au moins les directives concernant la gestion
forestière sont claires, bien que la direction s’en défende
nous allons encore taper dans le capital, en moins de
deux générations nous allons passer du statut de conservateur
à celui de liquidateur des forêts.
Evidemment les personnels
ne se satisfont pas d’un tel contrat qui, avec des moyens
financiers et humains en baisse, leur demande de faire
encore plus avec toujours moins. Nous dénonçons le chantage
à l’emploi car l’équation est impossible à résoudre, valeur
ajoutée, érosion du versement compensateur, financement
des MIG c’est plus de 40M d’€ qu’il faudra trouver chaque
année pour sauver l’emploi.
Le projet d’établissement,
deuxième phase de l’opération, a pour but unique de créer
les 100M d’€ de valeur ajoutée, il prévoit essentiellement
de redéployer des postes vers le commercial, de recruter
des commerciaux, d’augmenter les spécialisations et tout
cela au dépend du patrimonial. Progressivement l’ONF vide
les postes de terrains de leur substance et se dirige,
en découpant l’établissement en métiers (travaux commercialisation,
service), vers la création de filiales, but ultime de
toutes les réformes des établissements publics.
Le DG, dans le journal
flash du mois de juin, s’adresse aux personnels en leur
demandant « Sommes-nous prêts à relever ensemble
ce défi ?».
Nous lui affirmons
que, faute de moyens humains et financiers, faute d’adhésion
à son projet, faute de confiance, les personnels, dans
ces conditions ne se sentent absolument pas engagés par
ce contrat de plan et formulent de fortes réticences par
rapport au projet d’établissement.
Dans ces conditions,
les représentants du personnel ne siégeront pas aujourd’hui
au CTPT.